
Les paroles, ligne par ligne
وايلي وايلي... خرجت ليك بلا دراهم
Wayli wayli... khrejt lik bla drahem
Wayli wayli... je suis sorti te voir sans argent
Wayli wayli... I went out to see you with no money
(خاوية... خاوية...)
(Khawya... khawya...)
(Vide... vide...)
(Empty... empty...)
حسبت الصرف ديالي... قبل ما نجي ليك
7sebt sserf dyali... 9bel ma nji lik
J’ai compté ma monnaie... avant de venir te voir
I counted my change... before coming to you
تلاتة ديال المرات... وأنا كنخاف من عينيك
Tlata dyal lmerrat... w ana kankhaf men 3inik
Trois fois... et moi, j’ai peur de tes yeux
Three times... and I’m afraid of your eyes
جيت على رجليا... وقلت ليك: «الجو زوين»
Jit 3la rjliya... w 9olt lik: «Jjew zwin»
Je suis venu à pied... et je t’ai dit : « Le temps est beau »
I came on foot... and I told you: "The weather is nice"
والحقيقة: الطاكسي غالي... وأنا مسكين
W l7a9i9a: ttaksi ghali... w ana meskin
Et la vérité : le taxi est cher... et moi, je suis pauvre
And the truth is: the taxi is expensive... and I’m poor
باغي نقولها ليك دابا... بلا ما نزيد نخبي
Baghi n9olha lik daba... bla ma nzid nkhebbi
Je veux te le dire maintenant... sans plus rien cacher
I want to tell you now... without hiding any longer
جيبي خاوي، آ لالة... واش باقي كتبغيني؟
Jibi khawi, a lalla... wach ba9i katbghini?
Ma poche est vide, ô Lalla... est-ce que tu m’aimes encore ?
My pocket is empty, oh Lalla... do you still love me?
جيوبنا خاوية... وقلوبنا عامرة
Jyoubna khawya... w 9loubna 3amra
Nos poches sont vides... et nos cœurs sont pleins
Our pockets are empty... and our hearts are full
كنمشيو على رجلينا... والدنيا حاضرة
Kanmchiw 3la rjlina... w ddenya 7adra
On marche à pied... et le monde est là
We walk on foot... and the world is right here
كاس أتاي وجوج كيسان... وهاد البحر ديالنا
Kas atay w jouj kisan... w had lbe7r dyalna
Un verre de thé et deux verres... et cette mer est à nous
A glass of tea and two glasses... and this sea is ours
حنا ملوك الكورنيش... وكافينا اللي عندنا
7na mlouk lkornich... w kafina lli 3endna
Nous sommes les rois de la corniche... et ce que nous avons nous suffit
We are the kings of the corniche... and what we have is enough for us
ضحكتي فوجهي... وحليتي جيبك ووريتي
D7ekti f wejhi... w 7elliti jibek w werriti
Tu as ri en me regardant... et tu as ouvert ta poche et tu l’as montrée
You laughed, looking at me... and you opened your pocket and showed it
وقلتي: «حتى أنا خاوية... شوف شحال جمعتي»
W 9olti: «7tta ana khawya... chouf ch7al jme3ti»
Et tu as dit : « Moi aussi, je suis vide... regarde combien tu as économisé »
And you said: "I’m empty too... look how much you’ve saved"
وقلتي: «عندي حلم ديالي... كنجمع ليه من زمان»
W 9olti: «3endi 7olm dyali... kanjme3 lih men zman»
Et tu as dit : « J’ai un rêve à moi... j’économise pour lui depuis longtemps »
And you said: "I have a dream of my own... I’ve been saving for it for a long time"
وأنا عرفت آ لالة... بلي أنا أغنى إنسان
W ana 3reft a lalla... belli ana aghna insan
Et moi, j’ai su, ô Lalla... que je suis la personne la plus riche
And I knew, oh Lalla... that I am the richest person
جيوبنا خاوية... وحلامنا عامرة
Jyoubna khawya... w 7lamna 3amra
Nos poches sont vides... et nos rêves sont pleins
Our pockets are empty... and our dreams are full
كنجمعو بجوج... والدنيا حاضرة
Kanjem3ou b jouj... w ddenya 7adra
On économise à deux... et le monde est là
We save up, the two of us... and the world is right here
كاس أتاي وجوج كيسان... وهاد البحر ديالنا
Kas atay w jouj kisan... w had lbe7r dyalna
Un verre de thé et deux verres... et cette mer est à nous
A glass of tea and two glasses... and this sea is ours
حنا ملوك الكورنيش... وغادي نوصلو حنا
7na mlouk lkornich... w ghadi nouslou 7na
Nous sommes les rois de la corniche... et nous, on va y arriver
We are the kings of the corniche... and we, we’re going to get there
خاوية! خاوية! وقلوبنا؟ عامرة!
Khawya! Khawya! W 9loubna? 3amra!
Vide ! Vide ! Et nos cœurs ? Pleins !
Empty! Empty! And our hearts? Full!
حنا ملوك!
7na mlouk!
Nous sommes des rois !
We are kings!
مشينا على رجلينا... وضحكنا حتى للدار
Mchina 3la rjlina... w d7ekna 7tta l ddar
On a marché à pied... et on a ri jusqu’à la maison
We walked on foot... and laughed all the way home
جيوبنا خاوية... وقلوبنا عامرة
Jyoubna khawya... w 9loubna 3amra
Nos poches sont vides... et nos cœurs sont pleins
Our pockets are empty... and our hearts are full
Ce que raconte la chanson
Dans « Jyoubna Khawya », celui qui chante est masculin d’après la grammaire (« meskin »), et il s’adresse à quelqu’un qu’il appelle « Lalla » ; dans les paroles d’elle qu’il rapporte, elle est au féminin (« khawya »). Le texte ne nomme pas le lien qu’il y a entre eux, et la question qu’il lui pose est de savoir si elle l’aime encore. Le titre et le refrain reposent sur une seule opposition : la poche vide et le cœur plein.
Notre lecture : la première idée est l’aveu. Dans le premier couplet, il y a un écart entre ce qu’il lui dit et ce qui est vrai, puis il choisit de tout dire. Et la peur dont il parle n’est pas, selon nous, celle du manque d’argent seul, mais celle que ce manque change la manière dont elle le regarde.
C’est aussi notre lecture : sa réponse à elle n’est pas une parole de consolation. Elle lui montre qu’elle est dans la même situation que lui, et qu’elle a un rêve à elle. Après cette réponse, la chanson renverse le sens de la richesse : être riche, c’est trouver quelqu’un dans la même situation que soi, et qui a un rêve.
Le refrain change la deuxième fois sur trois points : les « cœurs » deviennent les « rêves », la marche devient une épargne à deux, et le contentement de ce qu’on a devient une parole sur le fait d’arriver. Notre lecture : le refrain se tourne vers l’avenir. Et le texte imprimé se termine sur la première ligne du refrain, avec les cœurs et non les rêves.
C’est aussi notre lecture : les images de la chanson sont toutes des choses simples : la marche, le thé, la mer et la corniche. Et nous lisons « les rois de la corniche » comme une image qui rit de la situation tout en en étant fière.
Mots et choix de traduction : « sserf », traduit par « monnaie / change », que nous comprenons comme la petite monnaie. « Lalla », laissé tel quel, que nous lisons comme une manière respectueuse de s’adresser à une femme ; on pourrait traduire « madame ». « Atay », traduit par « thé / tea ». « Lkornich », laissé en « corniche », que nous comprenons comme la promenade au bord de la mer. « Meskin », traduit par « pauvre / poor », avec une autre lecture : « pauvre de moi / poor me ». Et « wayli wayli », que nous n’avons pas traduit.

