La silhouette d’un homme qui soulève un petit enfant, sur fond sombre

Rami El Farouk · 2024 · Pop

Ya Babano

يا بابانو

Aussi écrit : Ya Babanou

Les paroles, ligne par ligne

أنا راجل قْوي، ماشي ضعيف

Ana rajel 9wi, machi d3if

Je suis un homme fort, pas faible

I am a strong man, not weak

رباني الواليد بين جبال الريف

Rebbani lwalid bin jbal Rrif

Mon père m’a élevé parmi les montagnes du Rif

My father raised me among the mountains of the Rif

علمني الحرية والحياة بالسيف

3allemni l7orriya w l7aya b ssif

Il m’a appris la liberté et la vie par l’épée

He taught me freedom and life by the sword

يا بابانو، يا،يا بابانو، يا بابانو

Ya babano, ya,ya babano, ya babano

Ô mon père, ô, ô mon père, ô mon père

Oh my father, oh, oh my father, oh my father

كبرت والكرامة، كانت لي حليف

Kbert w lkarama, kant li 7lif

J’ai grandi, et la dignité était mon alliée

I grew up, and dignity was my ally

في كل خطوة، العزْ ديما فالشتا والصيف

Fi koll khetwa, l3ezz dima f ch-chta w ssif

À chaque pas, la fierté, toujours, en hiver comme en été

In every step, pride, always, in winter and in summer

قلبي حر، كيف مول الدار ماشي ضيف

9albi 7orr, kif moul ddar machi dif

Mon cœur est libre, comme le maître de maison, pas un invité

My heart is free, like the master of the house, not a guest

يا بابانو، يا،يا بابانو، يا بابانو

Ya babano, ya,ya babano, ya babano

Ô mon père, ô, ô mon père, ô mon père

Oh my father, oh, oh my father, oh my father

علمني الصبر، في أصعب الظروف

3allemni ssber, fi as3ab ddourouf

Il m’a appris la patience, dans les circonstances les plus dures

He taught me patience, in the hardest circumstances

وحكْمني العقل، بين الناس والصفوف

W 7kemni l3e9l, bin nnas w ssfouf

Et la raison m’a gouverné, parmi les gens et dans les rangs

And reason ruled me, among people and in the ranks

كلَامكْ محفور، في القلب بالمعروف

Klamek ma7four, fi l9alb b lma3rouf

Tes paroles sont gravées, dans le cœur, avec bonté

Your words are engraved, in the heart, with kindness

يا بابانو، يا،يا بابانو، يا بابانو

Ya babano, ya,ya babano, ya babano

Ô mon père, ô, ô mon père, ô mon père

Oh my father, oh, oh my father, oh my father

اليوم واقف، وفوق كتافي الحمل ثقيل

Lyoum wa9ef, w fou9 ktafi l7eml t9il

Aujourd’hui je suis debout, et sur mes épaules la charge est lourde

Today I stand, and on my shoulders the load is heavy

لكن وقفتي ماشي، ضباب أو دخان بالليل

Lakin wa9fti machi, dbab aw dokhan b llil

Mais ma façon de tenir debout n’est pas, brouillard ou fumée dans la nuit

But my standing is not, fog or smoke in the night

صوتك يرشدني، يا بابانو، في كل سبيل

Sowtek yrchedni, ya babano, fi koll sbil

Ta voix me guide, ô mon père, sur chaque chemin

Your voice guides me, oh my father, on every path

يا بابانو، يا،يا بابانو، يا بابانو

Ya babano, ya,ya babano, ya babano

Ô mon père, ô, ô mon père, ô mon père

Oh my father, oh, oh my father, oh my father

Ce que raconte la chanson

« Ya Babano » est la chanson d’un homme qui parle de l’éducation qu’il a reçue et de ce qu’il est devenu aujourd’hui. Le texte dit que c’est « lwalid » (le père) qui l’a élevé, et nomme les montagnes du Rif comme le lieu où il a grandi ; il n’en dit rien de plus.

Nous avons traduit « babano » par « mon père / my father ». C’est notre lecture, tirée du contexte : le mot vient dans l’appel, et la personne ainsi appelée est tutoyée quand il parle de ses paroles et de sa voix. Mais le texte ne dit pas explicitement que « Babano » et « lwalid » sont la même personne, et nous n’avons aucune source sur ce mot ; c’est pourquoi nous ne l’expliquons pas.

Notre lecture : le fil de la chanson est le lien entre ce qu’il a appris et ce qu’il est devenu. Les leçons que le texte dit avoir été apprises sont la liberté, la vie et la patience ; la dignité et la fierté apparaissent plutôt comme des compagnes de route, et la ligne sur la raison se lit de plusieurs façons, que nous n’avons pas tranchées. C’est pourquoi nous lisons la force qui ouvre la chanson comme une fermeté morale plus que comme une force physique.

La personne change tout au long de la chanson : tantôt il parle de quelqu’un à la troisième personne (« rebbani », « 3allemni »), tantôt il s’adresse à « Babano » en le tutoyant (« klamek », « sowtek »). Nous avons traduit chaque ligne telle qu’elle vient, sans expliquer ce va-et-vient.

Deux images, et deux lectures qui sont les nôtres. Le cœur libre est comparé au maître de maison qui n’est pas un invité : nous y lisons quelqu’un qui se sent chez lui et n’attend la permission de personne. Dans la dernière strophe, il reconnaît que la charge est lourde, et dit que sa manière de tenir debout n’a rien du brouillard ni de la fumée : nous y lisons une position solide, pas quelque chose qui apparaît puis se dissipe. « B ssif », nous l’avons traduit mot à mot, « par l’épée » ; une autre lecture, « à la dure », c’est-à-dire de force, est possible, et nous ne l’avons pas tranchée, pas plus que la question de savoir si le mot porte sur « la vie » seule ou aussi sur la liberté.

C’est aussi notre lecture : le texte mêle des mots proches de l’arabe standard (« as3ab ddourouf », « yrchedni », « sbil », « aw ») et des mots de darija (« moul ddar », « dima », « ktafi »). Nous avons traduit « moul ddar » par « le maître de maison / the master of the house ».

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